J-R. Ragon : « Un passage obligé pour être pro »

Jean-René Ragon va retrouver Lucien Auffret et Nathan Tourancheau. Laurent Gelot.

Entretien de la semaine. L'ancien handballeur professionnel, entraîneur de Pouzauges depuis 2006, s'apprête à recevoir le centre de formation du HBC Nantes ce week-end.

Comment abordez-vous la rencontre de ce week-end contre le centre de formation du HBC Nantes ?

Comme un match de gala. Quand on reçoit un des cadors du championnat, c'est comme ça que je présente cette rencontre aux joueurs, avec l'idée de se transcender, de hausser notre niveau de jeu.

Ce sera l'occasion de retrouver Lucien Auffret et Nathan Tourancheau !

C'est un vrai plaisir de les revoir évoluer à Pouzauges, pendant une heure, avec la casquette d'adversaires cette fois ! Mais il n'y aura pas de cadeau. Notre objectif est de pousser cette jeune équipe nantaise dans ses derniers retranchements. Le poids des âges compte pour nous, l'expérience aussi. Mais sur le plan technique et physique, Nantes est vraiment au dessus.

Les semaines d'entraînement au HBC Nantes sont bien remplies.

C'est sûr. Leur charge d'entraînement n'est pas du tout la même que la nôtre. Ils s'entraînent tous les jours, parfois deux fois par jour. Ces joueurs, dont fait partie Lucien, sont dans un cursus de formation qui doit les emmener vers le haut niveau. Ils doivent tout mettre en oeuvre pour passer pro. Ils peuvent parfois jouer deux fois le week-end : avec l'équipe première en D1, ou la réserve en N2. Nathan, lui, a un statut différent que l'on appelle partenaire d'entraînement. Il ne joue qu'en N2. Je pense qu'ils ont tous à coeur de remonter en Nationale 1 et qu'ils y arriveront, ils sont au-dessus de tout le monde.

Quel est l'objectif de Pouzauges cette saison ?

Pour nous, c'est une saison de transition car on a perdu beaucoup de joueurs. L'effectif a été remanié. L'objectif initial était de figurer dans la première moitié du championnat. En première phase, on a pris pas mal de retard. Mais depuis 2017, notre effectif est plus conséquent, les blessés sont revenus. J'ai envie de penser que l'on peut viser le premier tiers.

À votre époque, les jeunes étaient-ils aussi bien suivis ?

Quand j'avais 18 ou 19 ans, les centres de formation n'existaient pas. Il y avait le système des équipes espoirs, qui évoluaient dans l'environnement de l'équipe 1. Mais on n'avait pas d'encadrement sur le plan scolaire, ni de prise en charge médicale ou de préparateur physique. On fonctionnait avec des bouts de ficelle. En 2000, j'ai vu l'émergence des centres de formation. Celui d'Angers (où il a terminé sa carrière pro en 2006) est né à cette période-là. On a compris que le sport se professionnalisait et que c'était un passage obligatoire pour espérer passer pro et exister en première division.

Pensez-vous que la France est en train de devenir un pays de hand ?

Depuis peu, il y a des générations qui sont extrêmement fortes comme celle de 1997, où plusieurs joueurs ont déjà intégré l'équipe de France. Je pense que celle de 2000 sera importante aussi. Le nombre de licenciés a également beaucoup augmenté. Quand j'étais pro à Angers, on était 200 000 licenciés, maintenant plus de 500 000 ! Aux yeux du grand public, le hand semble avoir conquis le coeur des Français. Les Experts depuis quelque temps, et le Mondial en France, ont suscité un engouement. Mais aux yeux des licenciés, ça fait déjà longtemps que c'est le cas. On travaille bien avec les jeunes, avec les DOM-TOM. Dans chaque coin de France, on joue différemment. C'est ce qui fait la richesse de la culture handball dans notre pays.

N2M. Pouzauges - HBC Nantes 2, samedi (19 h) à l'Étoile

Date publication: 
Mercredi 8 février 2017

 

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